Togo : à Sotouboua, le niébé dans le sang et dans l’assiette

Au cœur de la région Centrale, le niébé est bien plus qu’une simple culture : c’est un patrimoine. À Sotouboua, une formule locale résume avec humour cette passion : « Ici, même un nourrisson de six mois a son propre champ. » Derrière la boutade se cache une réalité vitale, celle d’un aliment de base qui, juste après le maïs, assure la subsistance des familles.
Pour la consommation locale, les producteurs s’appuient principalement sur deux variétés phares, sélectionnées pour leur résilience et leurs qualités nutritionnelles : le niébé rouge et le niébé blanc, tous deux récoltés à maturité. Cette légumineuse, véritable pilier de la souveraineté alimentaire, fait vivre des communautés entières qui partagent un calendrier rythmé par la terre.
Alors que l’hivernage suit son cours, les regards sont déjà tournés vers l’avenir. Dans les concessions, l’ambiance est à l’optimisme et à la solidarité paysanne. Les producteurs s’encouragent mutuellement à « préparer leurs muscles » pour le grand rendez-vous de novembre, période cruciale de la récolte où les efforts de toute une saison seront enfin récompensés dans les champs de Sotouboua.
Aristide Kawele






