Par Aristide Kawele
Au Togo, l’acte de naissance doit être demandé dans les 45 jours suivant la naissance, sinon il faut passer par la justice. Le 23 mai, l’Association des jeunes du village de Sondè (AJVS) en a fait le cœur de sa 6e journée de réflexion.
Passé le délai de 45 jours, déclarer un enfant devient une démarche bien plus lourde. Samedi 23 mai 2026, à Sondè, dans la commune de Sotouboua 1, les jeunes du village ont voulu prévenir ce piège. Réunis au sein de l’AJVS, environ une centaine de participants, selon nos estimations, venus notamment des quartiers Tchondè, Kigbandè et Atondè, ont défilé en caravane à travers le village, avant une séance de sensibilisation et un repas partagé.

Pourquoi l’acte de naissance compte
Hervé Tehewa, président des jeunes du village et agent d’état civil, a consacré son intervention à ce sujet. « Nul n’ignore l’importance du premier document de l’enfant. Mais une fois le délai de 45 jours dépassé, les conséquences deviennent lourdes. Elles bloquent l’accès aux emplois, aux concours et compliquent toute la vie administrative », explique-t-il.
La déclaration de naissance est obligatoire et doit être faite dans les 45 jours au centre d’état civil du lieu de naissance. En cas de déclaration hors délai, l’acte peut faire l’objet d’un jugement supplétif du tribunal de première instance. Sans acte de naissance, il est impossible d’obtenir un certificat de nationalité, une carte d’identité ou un passeport.
Le phénomène dépasse largement Sondè. Selon des données de l’UNICEF relayées par l’ONU au Togo en 2022, 22 % des enfants du pays n’avaient pas d’acte de naissance, et 31 % de ceux vivant en zones rurales. L’UNICEF plaide pour porter le délai légal de 45 à 90 jours.
À Sondè, Hervé Tehewa dit avoir constaté plus de 50 cas. « Nous allons ratisser large », annonce-t-il, en visant aussi les populations situées à l’ouest de la route nationale n° 1 à Sotouboua.
[VIDEO] Hervé Tehewa sensibilisant la masse. © Photo : Aristide Kawele / LERELAI.TG
Sur le terrain, des familles face à la régularisation
Quand une naissance n’a pas été déclarée à temps, la régularisation devient une démarche de plus. Mawè Tchilabalo, enseignant retraité, cite l’éloignement, le coût, la méconnaissance de la procédure et la difficulté de réunir les pièces parmi les obstacles rencontrés par les familles.
Sur le coût, les sources officielles sont plus modestes qu’on ne le croit. Le jugement supplétif est délivré par le tribunal moyennant des frais uniformisés de 2 250 FCFA. Il doit toutefois être transcrit dans l’année sur les registres de l’état civil du lieu de naissance. Passé ce délai, la transcription devient impossible, ce qui bloque la délivrance du certificat de nationalité ou du passeport. La transcription a elle-même un coût, qui varie selon les communes.
Une journée consacrée à la vie du village
Le matin, la caravane est partie de la maison Pana, a fait étape au vestibule du chef du village, puis a rejoint le domicile du président des jeunes, entre chants et musique.
Après la sensibilisation, le chef du village, René Padaha, a appelé les habitants à préserver l’entente entre les familles. Il a évoqué l’emploi des jeunes et mis en garde contre l’abus d’alcool, qui fragilise la cohésion sociale. La présidente des femmes, Koumealo Kalinesso, a insisté sur l’unité de la communauté et sur la place des femmes dans les discussions du village.
La journée s’est achevée par un pique-nique, avec musique, danses et échanges.

Que faire si un enfant n’a pas d’acte de naissance ?
Dans les 45 jours suivant la naissance. La délivrance de l’acte de naissance est gratuite. Il faut déposer la déclaration au centre d’état civil de Sotouboua, avec le formulaire de déclaration, l’attestation de naissance de la maternité ou de la structure de santé, et un justificatif de filiation (acte de naissance du père ou d’un enfant, ou carnet de consultation prénatale). Pour une naissance à domicile, renseignez-vous directement auprès du centre d’état civil. Exemple de commune de Mô 2.
Après le délai. Il faut adresser une lettre au président du tribunal de première instance du lieu de naissance, en joignant les renseignements sur l’intéressé (état civil, profession, résidence). Les frais sont d’environ 2 250 FCFA selon les sources récentes, mais le ministre de la Justice avait fixé ce tarif à 2 000 FCFA dans une circulaire de 2019.
Une fois le jugement obtenu. Faites-le transcrire à l’état civil dans l’année, sous peine de ne plus pouvoir obtenir le certificat de nationalité ni le passeport.
Pour être orienté à Sondè. Hervé Tehewa, agent d’état civil, se dit disponible pour accompagner les familles.
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Cet article a été réalisé à partir des échanges de la journée du 23 mai 2026 et d’informations officielles. de l’AJVS qui a demandé o et soutenu cette couverture. Sources : ONU Togo / UNICEF (2022), loi sur l’organisation de l’état civil (2009), BICE, Togo Breaking News (2025), Togo First, circulaire du ministre de la Justice (2019), mairies du Togo.