Située au cœur du Togo, la préfecture de Sotouboua a célébré ce samedi 5 septembre l’apothéose de la 7ᵉ édition de sa fête traditionnelle de la moisson des ignames, « Kiyèna-Foudoulém-Rodjoubi ». Bien plus qu’un rite d’action de grâces pour les premières récoltes, ce rendez-vous identitaire rassemble communautés Kabyè, Tem et Naouda autour d’un enjeu crucial : transformer la richesse agricole et la diversité culturelle en véritables moteurs de cohésion sociale et de développement inclusif.
À 288 kilomètres au nord de Lomé, là où la route nationale serpente entre les bassins arrosés par le fleuve Anié et la rivière locale — dont le nom évoque en langue locale la « rivière glissante » —, la terre s’est soulevée pour offrir ses plus beaux fruits. Ce samedi 5 septembre, le terrain du CEG Sotouboua Ville I s’est métamorphosé en un vaste théâtre de couleurs, de sonorités et de fraternité à l’occasion de la 7ᵉ édition de la fête traditionnelle « Kiyèna-Foudoulém-Rodjoubi ».

Pendant plusieurs jours, les 138 864 habitants de la préfecture se sont mobilisés autour de ce pilier de la mémoire collective. Placée cette année sous le thème « La cohésion sociale pour un développement inclusif de Sotouboua », l’apothéose des festivités a consacré la promesse d’un avenir partagé.
Un triptyque culturel au service de l’unité
L’intitulé même de la fête porte en lui l’empreinte d’une alliance singulière : Kiyèna pour la communauté Kabyè, Foudoulém pour les Tem/Kotokoli, et Rodjoubi pour les Naouda. Trois mots, trois identités, mais un seul élan réaffirmé sous le signe de la « diversité dans l’unité ».
« Notre diversité culturelle doit être perçue non pas comme une source de division, mais comme une richesse qui renforce notre vivre-ensemble et constitue un atout pour le développement de Sotouboua », a déclaré le ministre de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, le Colonel Hodabalo Awaté, venu représenter le Président du Conseil lors des cérémonies.

Ministre Awaté Hodabalo
Autour des chefs traditionnels, des députés, cadres locaux et du préfet Pali Tchabi Passabi, la population s’est recueillie lors des rites ancestraux. Libations et offrandes aux divinités ont précédé les chants folkloriques et les danses traditionnelles, marquant ainsi le passage à une nouvelle année rituelle sous de favorables auspices.
Le tubercule roi : travail, mémoire et dignité
Au centre de toutes les attentions, le tubercule d’igname s’impose comme la pierre angulaire de l’économie paysanne et de la souveraineté alimentaire régionale. Des cossettes séchées préparées pour la farine jusqu’au mythique foufou — mets d’exception partage lors de la dégustation officielle —, l’igname transcende son simple statut d’aliment pour devenir un vecteur de transmission et d’abondance.
Rendant un hommage appuyé aux acteurs du monde rural, le ministre Hodabalo Awaté a tenu à saluer le labeur des paysans : « À Sotouboua, l’igname est bien plus qu’une culture vivrière : elle est travail, mémoire, abondance et dignité. Je voudrais donc rendre hommage à toutes ces braves femmes et à tous ces braves hommes qui, chaque jour, nourrissent nos familles, approvisionnent nos marchés et contribuent à notre souveraineté alimentaire. Ayékoo ! ».

Une reconnaissance partagée par Péléi Yao, chef du canton de Sotouboua, et Babaké Bawoumondom, président du comité d’organisation : « En célébrant la fête des ignames, nous célébrons la sueur et le travail de nos entrepreneurs agricoles, le savoir-faire de nos femmes, l’espoir de la jeunesse ainsi que les liens qui unissent nos communautés ».
Au-delà du folklore : une vision prospective du développement local
Bien loin de se cantonner à une manifestation folklorique, cette 7ᵉ édition s’est distinguée par une semaine d’actions concrètes et engagées, débutée dès le mercredi 2 septembre :
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Salubrité et santé publique : Une vaste opération d’assainissement suivie de consultations médicales gratuites axées sur le dépistage de l’hypertension, du diabète et des hépatites.
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Capital humain et jeunesse : Des ateliers d’orientation académique et professionnelle spécialement organisés à l’intention des nouveaux bacheliers de la préfecture; des ateliers de formations sur les bonnes pratiques de la culture d’igname.
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Concertation stratégique : Une journée de réflexion réunissant cadres et acteurs locaux pour dresser le bilan des opportunités économiques et tracer la feuille de route du développement local.
Face aux enjeux sécuritaires et socio-économiques contemporains, les autorités administratives et coutumières ont renouvelé leurs appels à la vigilance partagée, incitant à une collaboration étroite avec les forces de défense pour garantir une cohabitation pacifique, notamment entre agriculteurs et éleveurs.


Sous le slogan fédérateur « Protéger, Rassembler, Transformer », la fête de l’igname à Sotouboua prouve une nouvelle fois que le patrimoine immatériel et la culture du terroir demeurent des socles inébranlables pour bâtir une prospérité durable et partagée.
Junior K.