À quelques jours du début des éliminatoires de la CAN 2027, Patrice Neveu a dévoilé un groupe de 25 joueurs pour lancer la campagne togolaise. Entre cadres confirmés, retours et nouveaux visages, cette liste révèle une équipe qui possède des arguments, mais qui doit encore transformer son potentiel en véritable force collective.
Le compte à rebours est lancé. Le Togo recevra le Burundi le 25 septembre 2026 au stade de Kégué, avant de se déplacer quatre jours plus tard à Ndola pour affronter la Zambie. Ces deux rendez-vous constituent les deux premières journées du groupe I des éliminatoires de la CAN 2027. La CAF a officiellement fixé le coup d’envoi du match Togo-Burundi au 25 septembre à 16h GMT.
À noter : l’affiche publiée indique le 26 septembre pour Togo-Burundi, mais le calendrier officiel de la CAF et celui de la FTF retiennent bien le 25 septembre.
Une ossature qui a de quoi rassurer
La première lecture de la liste de Patrice Neveu met en évidence une caractéristique : le Togo dispose désormais d’une importante présence de joueurs évoluant à l’étranger.
Djene Dakonam, Steven Nador, Kevin Boma, Karim Dermane, Kodjo Aziangbé, Kevin Denkey ou encore Laba Fo-Doh apportent chacun une expérience acquise dans des championnats différents. Le capitaine Djene, habitué aux joutes internationales, demeure notamment l’un des repères de cette sélection.
Dans l’entrejeu, la variété des profils constitue également un atout. Entre joueurs capables de jouer dans le volume, de conserver le ballon ou de se projeter, Neveu dispose de plusieurs solutions.
Et devant, le sélectionneur peut compter sur Kevin Denkey et Laba Fo-Doh, deux attaquants expérimentés, auxquels s’ajoutent Charles Abi, Arnaud Komlavi, Mansour Ouro-Tagba et Yaw Annor. Cette diversité permet au staff de ne pas dépendre d’un seul profil offensif.
Les derniers matches de préparation offrent d’ailleurs quelques raisons de croire à une progression. Depuis l’arrivée de Neveu, le Togo est resté invaincu lors de ses quatre rencontres amicales de mars à juin : 2-2 contre la Guinée, victoire 1-0 face au Niger, 1-1 contre la République centrafricaine et succès 5-1 devant le Bénin.
Une défense qui cherche sa stabilité
La solidité défensive constitue probablement l’un des chantiers les plus intéressants de la nouvelle équipe.
Une analyse publiée en juin relevait déjà une amélioration dans ce secteur sous Patrice Neveu : quatre buts encaissés en quatre matches lors des premières sorties du technicien, contre huit lors des quatre premières rencontres des éliminatoires de la CAN 2025 sous Daré Nibombé.
Mais le groupe de septembre comporte une difficulté supplémentaire.
Kennedy Boateng, l’un des défenseurs habituels, est forfait sur blessure. Pour compenser cette absence, Neveu a notamment rappelé Augustin Drakpé et convoqué pour la première fois Henri Koudossou, latéral droit de l’Arminia Bielefeld.
Cette première convocation est intéressante. Elle apporte de la concurrence, mais elle signifie aussi que le nouveau venu doit rapidement assimiler les exigences du football international.
Le véritable défi : transformer les individualités en équipe
C’est sans doute là que se trouve l’équation la plus délicate.
Le Togo possède des joueurs évoluant dans plusieurs pays et sur différents continents. Cette richesse constitue une force sur le papier. Mais elle impose aussi au sélectionneur de construire rapidement des automatismes.
Le regroupement ne débutera que le 21 septembre, soit quelques jours avant le premier match. Le temps de préparation collective sera donc limité.
À cela s’ajoute la pression d’une sélection qui cherche à retrouver la phase finale de la CAN. Le Togo n’a plus participé à une phase finale depuis 2017. Patrice Neveu sait donc que cette campagne ne sera pas une simple période d’expérimentation.
Burundi, puis Zambie : deux styles, deux difficultés
Le premier adversaire, le Burundi, ne devra surtout pas être sous-estimé. Lors du tour préliminaire de la CAN 2027, les Hirondelles avaient notamment frappé fort en s’imposant 4-0 au Tchad, avec une équipe capable de produire rapidement du danger et de profiter des erreurs adverses.
Quatre jours plus tard, le déplacement en Zambie offrira une autre difficulté. Les Chipolopolo disposent notamment de Patson Daka, Fashion Sakala, Miguel Chaiwa et Lameck Banda, dans une liste de 27 joueurs mêlant cadres internationaux et éléments du championnat local.
Le Togo devra donc gérer deux paramètres : prendre des points à domicile et conserver suffisamment de fraîcheur pour voyager ensuite en Zambie.
Une campagne qui commence par la maîtrise
Sur le papier, les Éperviers disposent de plusieurs ingrédients : expérience, jeunesse, présence dans des championnats étrangers, profondeur offensive et premiers signes de solidité défensive.
Mais une qualification ne se construit pas sur une liste de noms.
Elle se construira sur la capacité de Neveu à créer rapidement un bloc cohérent, à sécuriser sa défense et à rendre son attaque plus régulière dans les moments importants.
Le premier verdict viendra du terrain. Le Burundi à Kégué sera le premier test. La Zambie, quatre jours plus tard, permettra de mesurer la capacité du Togo à voyager avec ses ambitions.
Pour les Éperviers, la route vers la CAN 2027 commence donc avec une promesse… mais surtout avec une exigence : faire enfin coïncider le potentiel de cette génération avec les résultats attendus.
Par Aristide Kawele