Sotouboua / Hcrrun: 1 700 victimes de violences politiques reçoivent leur indemnisation

Sotouboua / Hcrrun: 1 700 victimes de violences politiques reçoivent leur indemnisation

9e étape de la réparation voulue par l’État, la séance a réuni les victimes de trois préfectures. Elles ont reçu leur chèque des mains des autorités, avant d’être orientées vers un accompagnement psychologique.

Plus de quarante ans de violences politiques, de 1958 à 2005, et une même attente : être reconnu et réparé. Lundi 12 octobre, à Sotouboua, environ 1 700 victimes des préfectures de Sotouboua, Blitta et Tchamba ont reçu leur indemnisation lors de la neuvième séance organisée par le Haut-Commissariat à la réconciliation et au renforcement de l’unité nationale (HCRRUN).

Cette opération s’inscrit dans la mise en œuvre des recommandations de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR). Elle vise à réparer les préjudices subis par les victimes et à consolider la paix sociale au Togo.

Un chèque, mais aussi une reconnaissance

Les ayants droit ont reçu un chèque, geste présenté comme une étape majeure du processus de réparation. Au-delà de l’aspect financier, il doit apaiser et reconnaître les souffrances endurées. Les autorités y voient aussi un moyen de favoriser la réconciliation nationale, de rétablir la confiance entre les citoyens et de promouvoir le vivre-ensemble.

Le préfet Pali Tchabi remettant le chèque au bénéficiaire

Le dispositif prévoit des garde-fous. Avant chaque remise, les membres des comités de paix et le personnel du HCRRUN ont contrôlé les identités pour prévenir toute fraude. Une fois indemnisées, les victimes ne sont pas laissées seules : elles sont confiées à des spécialistes pour une prise en charge psychologique et des conseils.

« Se pardonner et se réconcilier »

Le préfet de Sotouboua, Pali Tchabi Passabi, a remercié le HCRRUN et le gouvernement pour cette initiative qui tend la main à toutes les filles et tous les fils du Togo, sans distinction d’ethnie ni de religion. Il a exhorté les Togolais, où qu’ils vivent, à se pardonner et à se réconcilier, afin de soutenir cette dynamique nationale de justice transitionnelle et d’unité.

Le message du premier rapporteur du HCRRUN, Dr Wiyao Evalo, a été direct : la violence n’a jamais rien construit. Il a appelé tous les Togolais, Kotokoli, Nawda, Kabyè, Ewé, Bassar, Moba et d’autres, à la tolérance. Il leur a demandé d’accepter de s’asseoir sur une même chaise, aussi modeste soit-elle, pour avancer ensemble.

Aristide Kawele

Photo: Junior K.

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